1. L’immersion

La Pédagogie Kaddouch® en 5 points fondamentaux

1. L’immersion, 1er point qui définit la Pédagogie Kaddouch®

Le bébé nageur dans la plus pure tradition, dans l’océan et au large, en eau profonde (un filet le protège bien sûr) est à l’image de l’initiation musicale telle que je la pratique. Le bébé musicien évolue dans l’univers sonore comme le bébé nageur génère ses mouvements dans le liquide.

Le son, comme un flux, se présente au bébé musicien telle une caresse, une châtouille de l’esprit. Il l’interpelle, l’invite à activer ses fonctions d’adaptation motrice et auditive pour lui permettre, tel un bébé nageur, d’évoluer à son goût et avec son potentiel, dans le flux sonore.

C’est pour leur permettre de s’immerger dans cet océan sonore riche et captivant et de pouvoir ainsi accéder au discours musical dans son intégralité, que  j’évite de simplifier la musique proposée aux bébés. Je joue pour eux avec la même intensité que si je donnais un récital car la musique est en eux, elle est déjà présente chez tout être humain, contrairement à d’autres formes d’apprentissages. Ainsi, le cours d’éveil musical Kaddouch prend facilement un air de retrouvailles 

a. Le geste Décalé

Cette approche du bébé musicien permet de réguler et de contrôler le processus d’apprentissage le plus puissant, le plus archaïque mais le plus délétère que l’on possède : l’imitation. Elle est utile en son temps mais aliénante quand elle est trop prématurée. L’imitation est l’alliée et la tentation des incrédules, de ceux qui ne croient pas en l’enfant et qui pensent qu’il faut tout apprendre à un tout-petit, jugé incapable d’engagement constructif et créatif ! Demander à l’enfant d’imiter, lui montrer prématurément, stimuler trop tôt l’imitation, c’est l’aliéner, c’est l’empêcher de trouver sa voie d’apprentissage.

Voici comment s’opère cette régulation de l’imitation. Pendant le cours, l’enfant observe dans l’immobilité apparente. La musique stimule ses aires motrices (Théorie, Théâtre, même racine, observation dans l’immobilité apparente), et son activité auditive et créative est à son sommet, l’enfant est en phase « d’observation », de captation auditive par immersion.

De retour à la maison, stimulé par le cours encore vibrant en lui,  il réalise spontanément un geste qui n’appartient qu’à lui, un geste individué du fait d’une action différée du contexte de cours.

Ce geste décalé dans le temps, le préserve de l’aliénation de l’imitation en prenant le pas sur une réponse gestuelle toute faite qui aurait pu voiler son élan spontané en s’y substituant artificiellement et irrémédiablement.

 Pour reprendre la métaphore des bébés nageurs, avec le geste décalé, il n’a pas nagé artificiellement avec les mouvements qu’on lui a appris, il s’est immergé, il a retenu son souffle, senti  qu’il flottait et a organisé ses gestes pour évoluer à sa manière dans l’élément. Ainsi, l’essentiel n’est pas ce que l’enfant fait pendant le cours, mais ce qu’il en fait, ce en quoi ce décalage va le nourrir.

b. C’est le maître qui imite

Dans un second temps, quand l’élève a réalisé son geste décalé et qu’il le rapporte au maître, celui-ci l’imite, tel un miroir, comme pour l’approuver, pour le faire exister en lui et permettre à l’enfant d’en avoir conscience et de l’instrumentaliser, c’est à dire d’en faire un outil volontaire d’expression, une technique. Ainsi, le maître a incarné l’émotion (ex movere : mouvement vers l’extérieur) de l’enfant à travers le geste qu’il a imité, il a instrumentalisé son empathie car le geste renferme l’émotion qui l’a créé.
Après cela, l’élève ne subira plus l’imitation comme une altération de sa liberté de réagir, il pourra copier à souhait, le bébé nageur pourra apprendre toutes les formes de nages car sa relation fondamentale à l’eau ainsi que la manière de stimuler ses ressources pour évoluer dans cet élément sont déjà activées et présentes, elles transforment tout ce qu’il copie. L’imitation d’un mouvement ne peut maintenant qu’enrichir son expérience.

c. Le faux-modèle

A un stade plus avancé de l’enseignement, l’interventionnisme du maître consiste à donner les éléments de la solution sans permettre pour autant, l’imitation à l’identique, je nomme cela un faux-modèle. Car une bonne solution n’est pas reproductible, elle nécessite d’être actualisée, c’est à dire adaptée exactement à toutes les caractéristiques de la problématique du moment présent. Même le grand pianiste Horowitz ne reproduisait pas ses interprétations géniales, car il savait que leur valeur était liée à la coïncidence de l’instant, à l’actualisation.

Voici un exemple de faux-modèle : j’improvise une séquence rythmique sur un temps défini et propose à l’enfant d’improviser à son tour en utilisant le même laps de temps. Naturellement, l’enfant a tendance à reproduire le même rythme que le mien. C’est là qu’apparaît le faux-modèle : je complexifie ma production jusqu’à ce qu’il soit incapable de l’imiter. Mon rythme complexe est un modèle en ce sens qu’il donne toutes les caractéristiques temporelles, mais le fait qu’il soit inimitable par sa difficulté (faux-modèle) permet à l’enfant de chercher sa propre manière d’organiser le temps, il invente son rythme.

Voilà comment, grâce au faux-modèle, l’imitation peut être régulée et maîtrisée pour apporter ses richesses sans pour autant, nuire à la libre expression

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