Le Ballon oublié !
Pour comprendre les cours Kaddouch en vidéo
Le format interactif de mes leçons étant très loin de la formule actuelle des cours à distance, il est donc indispensable que les parents saisissent ma démarche de réflexion et d’adaptation.
Qu’est-ce qu’apprendre ?
Dans les vidéos de cours formation musicale (pas les cours d’éveil musical), à l’image du Cours Kaddouch, il ne s’agit pas simplement de demander à l’enfant d’assimiler passivement une notion quelconque, mais d’étendre, chez lui, le champ de la connaissance pour accéder au savoir, sachant que la qualité du savoir dépend du processus de connaissance utilisé pour le produire. Je vais expliquer de quelle manière je procède.
Aller à l’origine du savoir
Au départ, l’objectif est toujours de – poser une grande question, une problématique fondamentale, – d’évoquer, avec l’enfant comment les hommes, à travers l’histoire, auraient pu la résoudre, – énoncer enfin, la solution que ces derniers ont effectivement apportée. Il est évident que le fait d’examiner la raison pour laquelle l’homme a privilégié une option plutôt qu’une autre, apportera du sens à l’information transmise, on n’apprend pas quelque chose parce qu’il le faut, mais parce que cela correspond à un besoin.
Permettre à l’enfant d’accéder au monde des idées
Ainsi, l’enfant est amené à concevoir que la connaissance n’est pas une vérité immuable, bien qu’elle porte toujours en elle, une Idée sans cesse actualisée et réactualisée. On notera que cette conception développe chez l’enfant, le sentiment de devenir un acteur important de la construction de la (sa) connaissance.
Résumé : Apprendre, c’est allumer un feu
Dans nos cours, ce qui est transmis à l’enfant : ce ne sont pas uniquement des connaissances, c’est un enseignement du savoir actif. Dans le cas de cette leçon « Ecrire le temps », par exemple on apprend à l’enfant que : – l’espace et le temps entretiennent des rapports privilégiés – ces rapports peuvent être variables – l’espace mental, conceptuel déjoue l’espace physique et même le temps. Mozart disait : « j’entends toute ma symphonie en 1 seconde » – la proportionnalité et son mode de traitement : les fonctions exécutives Il est bien évident que je n’explique pas tout cela aux enfants, mais cet enseignement est engrammé dans l’apprentissage d’une notion. C’est ce qui donne le sens à une connaissance.
Victor Hugo disait : « Apprendre, c’est allumer un feu », et ce n’est pas remplir un vase que l’on considérerait comme vide. Et je rajouterai : « Enseigner, c’est allumer un feu »
Robert Kaddouch
Texte de l’histoire
Le Ballon Oublié !
La journée de cours de musique est terminée, tous les enfants sont partis et, dans la salle d’attente, Tonton Robert découvre un joli ballon de foot dans un petit coin, à l’abri des regards. A qui est –il ? Personne ne l’a réclamé pour l’instant, le ballon va donc passer la nuit bien au chaud dans la salle d’attente.
Tonton Robert se prépare à partir, mais il lui semble entendre de légers petits bruits, ou parfois sentir un petit souffle d’air. Il vérifie donc s’il a bien fermé les fenêtres, mais voilà que le ballon est au milieu de la pièce.
-Tu étais pourtant dans le petit coin, comment se fait il que tu sois là, joli ballon, tu roules tout seul maintenant ? Tu peux rester là si tu veux, la nuit tu ne dérangeras personne.
Ding : petit SMS : Bonjour Tonton Robert, je suis la maman de Gustave. Il a oublié son ballon, et il le récupèrera au prochain cours. Merci de le lui garder bien au chaud !
Le lendemain, Tonton Robert se met au piano avant que les enfants arrivent, pour se chauffer les doigts. Mais dans son dos, quelque chose bouge tout doucement, il se retourne et découvre le joli ballon juste derrière lui.
-Tu étais dans la salle d’attente hier, comment se fait il que tu sois là ? s’interroge Tonton Robert. Comment as tu roulé jusqu’au piano ? un coup de vent quand j’ai ouvert la fenêtre peut être?
Le ballon ne bouge pas, ne répond pas, ce n’est qu’un joli ballon. Tout à coup, quelque chose vient chatouiller les jambes de Tonton Robert qui pense avoir à faire à un moustique ou une fourmi. Mais ça rebondit sur sa jambe, sous le piano.
-Le joli ballon de Gustave ! tu attends ton petit maître n’est ce pas ?
Le ballon se met donc à tournoyer et à rebondir délicatement, pour inciter Tonton Robert à jouer avec lui. Mais il ne comprend pas le langage de ce ballon, et ne fait que le repousser plus loin pour continuer son piano.
Avant l’arrivée des enfants, Tonton Robert range le joli ballon sous le piano et commence ses cours. Mais le voilà qui sort, petit à petit, de sa cachette et cherche à jouer avec les enfants qui ne l’avaient pas encore remarqué. Il tente d’inciter les uns et les autres à jouer avec lui, mais Tonton Robert lui rappelle qu’il est le ballon de Gustave et qu’il doit se tenir tranquille jusqu’au retour de Gustave, au prochain cours.
Le joli ballon est un grand joueur, et les parties de foot avec Gustave lui manquent affreusement. Il persévère dans sa tentative de faire une bonne partie de foot avec Tonton Robert. Malheureusement les adultes n’ont jamais le temps de jouer, ils sont trop occupés à des choses sérieuses et importantes. Comme si le jeu ce n’était une chose très importante ??
Le joli ballon décide donc qu’il ne va pas attendre de retrouver Gustave au prochain cours, c’est trop long et il a les jambes qui le démangent à force rester inactif dans cette salle d’attente. Il se faufile par la porte, et roule prudemment à travers les rues, les parcs, les jardins et les stades. Il sait que Gustave doit être triste sans son joli ballon. Donc ne le laissons pas attendre davantage. Le chemin est long, mais il rencontre parfois des enfants qui l’aident d’un bon coup de pied en avant. Et hop ! quel joli tir, propulsé directement de l’autre coté de la rue !
Enfin la maison de Gustave ! C’ est l’heure du diner, et Gustave déguste le bon repas du soir, après une belle journée d’école.
-Papa, maman avez vous eu le temps d’aller chercher mon joli ballon chez Tonton Robert. J’ai peur qu’il s’ennuie sans moi.
-Non Gustave nous n’avons pas le temps en ce moment, nous avons beaucoup de travail, mais rassure toi, chez tonton Robert, ton joli ballon ne va pas s’ennuyer, il y a tellement de jouets qu’il trouvera surement l’un d’entre eux pour l’occuper.
Gustave entend un petit boum-boum-boum sur la porte de sa maison. « J’ai dû rêver » se dit-il. Le boum-boum reprend plus vigoureusement. « Qui cela peut il être ? » Puis maintenant un petit coup de sonnette. Gustave se précipite à la porte et découvre son joli ballon tout souriant, prêt pour le jeu. Gustave l’a bien compris et l’accueille d’un coup de pied de géant. Le ballon tape contre le mur et revient vite dans les jambes de Gustave. Le copain de Gustave sort de chez lui, en compagnie de son ballon. Et voilà que tous les enfants du pallier sont partis pour une bonne partie de foot improvisée . Les ballons tapent contre toutes les portes, ce qui agacent tous les voisins grognons. Les mamans ramènent les enfants et les ballons à la maison, il est temps de se préparer à aller se coucher. Gustave serre fort son joli ballon : « Tu m’as trop manqué, on ne se quitte plus maintenant, je vais prendre bien soin de toi, mon joli ballon ! ».
