Ce format de cours
Comment, en effet, passer du conseil à la recommandation, de la suggestion à la consigne, de la requête à la demande expresse, exigeante?
Ma pédagogie qui enseigne à l’enfant, la capacité à choisir, à savoir, à pouvoir vouloir et à commu- niquer comme un acte de création, pouvait-elle supporter l’échange froid et directif des zooms, skype… auxquels la période de confinement nous a soumis ?
Comment un groupe d’enfants auquel on demande de couper le son du zoom parce que les bruits ambiants de tous les foyers réunis empêchent la communication, pouvait-il accéder à l’écoute au- thentique et à la maîtrise du langage musical ?
Ma pédagogie dont les fondements consistent à stimuler chez l’enfant, le désir de questionner, de proposer, de s’orienter, pouvait-elle se résoudre à donner de froides instructions pour s’adapter à la situation de travail à distance?
J’ai fini par décider que ce serait la situation qui s’adapterait à mon désir d’éducation et non le contraire, en mettant en place un dispositif dont cet ouvrage représente une partie !
Le professeur dispose alors d’un espace d’enseignement agrandi qui lui permet d’ajuster son dis- cours musical ou oral selon les « plissures des yeux » des enfants. L’écran de l’ordinateur n’est plus une restriction de la réalité, mais une amplification des détails. Le cadrage attentionnel, l’écran ou la vignette, positive alors cette situation.
Dans ce contexte, être directif consiste à proposer à l’enfant ce qu’il a vraiment envie d’entendre ou de faire, mais qu’il ne sait pas demander. Il répond par une image qui devient monnaie d’échange, ou il présente une vignette comme proposition.
L’icône, le graphe, l’image deviennent alors un moyen de communication entre parole et musique, entre verbe et son, en connexion directe avec le désir de l’enfant.
Cependant, il ne s’agit pas là, de remplacer la communication verbale mais, bien au contraire, d’enrichir la communication par un média qui n’est autre que la source de l’écriture : l’icône.
Les audio morphismes
Ces audio morphismes (formes qui évoquent des sons) comme les précédents, constituent un répertoire de « mots musicaux » les plus utilisés de Bach à Debussy. Leur connaissance et leur maîtrise permet d’augmenter considérablement les performances du lecteur qui, libéré de la charge de travail qu’impose la lecture note à note, pourra investir ses forces dans la créativité de l’interprétation. En pratique : pour accéder à une lecture musicale rapide et intelligente, il est nécessaire de solliciter les bonnes opérations mentales dans un ordre optimal. Repérer qu’une forme est symétrique (chapeau chinois ou toupie), permet, par exemple, de construire mentalement la récurrence autour d’un axe de symétrie (do ré mi – mi ré do, l’axe étant mi dans ce cas). L’œil du lecteur pourra alors, pendant que les fonctions exécutives, dans le cortex préfrontal, réalisent cette opération mentale, anticiper son action sur les notes suivantes.
Refaire cet exercice

Tous ces exercices sont dans le recueil « Le Solfège à Lili » .
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