Ce format de cours
Comment, en effet, passer du conseil à la recommandation, de la suggestion à la consigne, de la requête à la demande expresse, exigeante ?
Ma pédagogie qui enseigne à l’enfant, la capacité à choisir, à savoir, à pouvoir vouloir et à commu- niquer comme un acte de création, pouvait-elle supporter l’échange froid et directif des zooms, skype… auxquels la période de confinement nous a soumis ?
Comment un groupe d’enfants auquel on demande de couper le son du zoom parce que les bruits ambiants de tous les foyers réunis empêchent la communication, pouvait-il accéder à l’écoute au- thentique et à la maîtrise du langage musical ?
Ma pédagogie dont les fondements consistent à stimuler chez l’enfant, le désir de questionner, de proposer, de s’orienter, pouvait-elle se résoudre à donner de froides instructions pour s’adapter à la situation de travail à distance ?
J’ai fini par décider que ce serait la situation qui s’adapterait à mon désir d’éducation et non le contraire, en mettant en place un dispositif dont cet ouvrage représente une partie !
Le professeur dispose alors d’un espace d’enseignement agrandi qui lui permet d’ajuster son dis- cours musical ou oral selon les « plissures des yeux » des enfants. L’écran de l’ordinateur n’est plus une restriction de la réalité, mais une amplification des détails. Le cadrage attentionnel, l’écran ou la vignette, positive alors cette situation.
Dans ce contexte, être directif consiste à proposer à l’enfant ce qu’il a vraiment envie d’entendre ou de faire, mais qu’il ne sait pas demander. Il répond par une image qui devient monnaie d’échange, ou il présente une vignette comme proposition.
L’icône, le graphe, l’image deviennent alors un moyen de communication entre parole et musique, entre verbe et son, en connexion directe avec le désir de l’enfant.
Cependant, il ne s’agit pas là, de remplacer la communication verbale mais, bien au contraire, d’enrichir la communication par un média qui n’est autre que la source de l’écriture : l’icône.
Les intervalles
Écouter un intervalle, le « déguster » comme un bon met, apprendre à l’apprécier, relève de l’éducation. L’objectif n’est pas seulement de reconnaître des écarts entre deux sons, mais de sentir l’émotion qui passe entre deux fréquences, le frissonnement que cette fusion engendre, et l’espace, le monde que cela fait naître.
Là est toute la différence entre l’écoute et l’entendement, entre l’oreille et la conscience auditive dès le plus jeune âge. Ce plan d’écoute permet à tout un chacun de pouvoir accéder à un niveau d’écoute consciente.
Refaire cet exercice
Tous ces exercices sont dans le recueil « Le Solfège à Lili » .
Pour le télécharger, cliquez ici
Pour le commander en version papier, cliquez ici
